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Les constructeurs de véhicules dans l'environnement nord-américain Le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité Conseil du partenariat du secteur canadien de l'automobile Juin 2005 Consultation au sujet du Partenariat pour la sécurité et la prospérité Les constructeurs de véhicules dans l'environnement nord-américain i) Protéger l'Amérique du Nord contre les menaces externes et prévenir les menaces en provenance de l'Amérique du Nord et y répondre i) Normes de sécurité des véhicules automobiles : 4. Plan d'action et prochaines étapes 5. Annexe : Mesures prioritaires Le Partenariat pour la sécurité et la prospérité annoncé en mars 2005 par les États-Unis, le Canada et le Mexique identifie le rôle important que les frontières et les cadres de réglementation jouent dans la réalisation certaine de la croissance économique en Amérique du Nord. Comme l'a confirmé le Conseil du partenariat du secteur canadien de l'automobile (CPSCA) à l'issue de plus de deux années de consultation et d'études effectuées par tous ses membres et par les partenaires dans l'industrie automobile canadienne, l'efficience de la circulation transfrontalière et l'uniformité de la réglementation comptent aussi parmi les mesures prioritaires les plus pressantes. L'industrie automobile du Canada, par l'intermédiaire du CPSCA et de concert avec son homologue aux États-Unis est heureuse de faire part de son approbation consensuelle de l'ordre de priorité des mesures prises par les trois gouvernements qui réalisent ensemble le Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP). Contexte : L'industrie automobile nord-américaine intégrée: Depuis plus de 100 ans, l'industrie automobile compte parmi les plus importants déterminants de l'économie canadienne. Au fil des années, notre industrie a pris des dimensions considérables, passant d'un groupe restreint de quelques entreprises employant quelques centaines de Canadiens et produisant et vendant quelque centaines de véhicules à une industrie qui emploie directement un demi million de Canadiens et produit et vend annuellement des millions de véhicules. Des centaines de milliers d'emplois supplémentaires dépendent de l'industrie automobile partout au Canada, aussi bien dans les industries qui approvisionnent l'industrie de l'automobile que dans les industries des produits de consommation dont l'existence est tributaire du pouvoir d'achat de l'industrie automobile et de ses employés. À l'heure actuelle, notre industrie est représentée dans la quasi-totalité des collectivités partout au pays par des centaines de milliers de Canadiens qui travaillent dans les usines de montage des véhicules, les usines de fabrication des pièces, les centres de distribution, les sièges sociaux et les concessions d'automobile. Au cours des 100 premières années, les forces traditionnelles canadiennes, alliées à la politique stratégique du gouvernement illustrée par des initiatives telles que le Pacte automobile de 1965, ont permis à l'industrie automobile du Canada de tirer parti des économies d'échelle et de devenir l'un des éléments majeurs, modernes, efficients et productifs du potentiel économique. À l'heure actuelle, le Canada compte plus de 550 fabricants d'équipement d'origine (FEO) et fabricants de pièces et accessoires qui approvisionnent non seulement les 11 usines de montage de véhicules utilitaires légers du Canada et les usines de fabrication des principales composantes (moteurs et transmissions) mais encore les usines de montage d'automobiles aux États-Unis et ailleurs. En ce qui concerne le commerce du détail, les voitures et les camions sont vendus partout au Canada par l'intermédiaire de 3 950 concessionnaires de voitures neuves indépendants. L'industrie automobile exerce une influence énorme sur l'économie canadienne. Dirigée par les constructeurs de véhicules, elle s'attribue environ 12 % du PIB de la fabrication, représente 22 % du commerce de marchandises du Canada (¼ du volume total du commerce de marchandises avec les États-Unis), produit un surplus commercial annuel de 13 milliards de dollars (20 % du surplus total canadien) et verse annuellement plus de 30 milliards de dollars aux fournisseurs canadiens de pièces et de services (environ le triple du montant des achats effectués par le gouvernement fédéral, y compris les dépenses militaires). À l'intérieur de l'Amérique du Nord, environ 1,5 million de véhicules neufs sont vendus annuellement au Canada (ce qui représente à peu près 8 % des ventes totales de l'Amérique du Nord) et 2,6 millions de véhicules sont produits en moyenne (environ 16 % de la production totale de l'Amérique du Nord). En se développant dans le cadre d'une industrie intégrée, le secteur de l'automobile a créé un marché nord-américain qui se distingue annuellement par la vente d'environ 20 millions d'unités et la production d'environ 16,5 millions d'unités. Ces économies d'échelle ont une incidence favorable énorme sur l'économie du Canada et permettent aux consommateurs d'avoir accès à la gamme de produits la plus perfectionnée, la moins coûteuse et la plus variée qui puisse exister au monde. Les formalités frontalières et la réglementation sont des obstacles majeurs Comme la production de beaucoup d'industries canadiennes, la production sur le marché de l'automobile dépend dans une très grande mesure des États-Unis, en ce sens que plus de 85 % des véhicules produits sont exportés vers ce marché. Toutefois, contrairement à ce qui s'observe dans beaucoup d'industries du Canada, l'industrie automobile compte sur le marché des États-Unis non seulement pour les ventes mais encore comme principale source de pièces pour la production des véhicules. Dans le cadre de l'industrie automobile intégrée, beaucoup de pièces traversent les frontières entre les États-Unis et le Canada à plusieurs reprises avant d'être transformées ou intégrées dans des assemblages de plus grande taille qui sont envoyés en fin de compte aux usines de montage situées au Canada et aux États-Unis. Les sous-ensembles sont transportés 24 heures par jour à destination des usines de montage selon la méthode de livraison juste à temps. Il s'ensuit que l'industrie compte fortement sur l'optimisation des formalités frontalières pour mener à terme sa production d'une manière efficace et compétitive. Lorsque les formalités frontalières retardent la livraison des pièces, des usines de montage toutes entières peuvent être touchées et subir des retombées très coûteuses. Les retards aux frontières contribuent aussi à la réduction générale des économies et à l'accroissement des coûts. Selon les estimations de la Chambre de commerce de l'Ontario, le coût annuel des retards aux frontières serait de l'ordre de 13,6 milliards de dollars canadiens pour le Canada et les États-Unis (" Cost of Border Delays to Ontario, " mai 2004, page 7). Malgré l'évolution spectaculaire de l'industrie automobile et le fait que la discordance des règlements canadiens et américains contribue également à la réduction inutile de la rentabilité et à l'accroissement du coût dans une industrie mondialement intégrée sur le plan de la conception, de la production et de la vente des véhicules la politique du gouvernement ayant trait à la réglementation du secteur automobile n'a pas évolué au même rythme. L'industrie automobile, comme la plupart des autres grandes industries, mène ses activités de planification et de prospection dans un contexte planétaire afin de rester compétitive. Les organes de réglementation canadiens s'efforcent de prendre en considération les réalités du marché nord-américain, mais la politique de réglementation du gouvernement continue généralement d'être élaborée selon les méthodes traditionnelles en adoptant des visées nationales étroites et en fondant ses normes et programmes sur des facteurs principalement internes au lieu d'adopter une approche internationale. Cette façon de réglementer ne cadre pas avec les réalités opérationnelles internationales d'aujourd'hui et exerce une influence négative sur la compétitivité de l'industrie. Cela étant, l'industrie automobile demande que la réglementation gouvernementale soit coordonnée davantage aussi bien à l'intérieur de l'Amérique du Nord qu'à l'échelle mondiale. Conjuguons nos efforts Conscients des liens importants entre nos pays sur les plans de la sécurité et de la prospérité, nous sommes heureux d'apprendre que le gouvernement du Canada s'est engagé à participer au Partenariat pour la sécurité et la prospérité annoncé par le premier ministre Paul Martin, le président George Bush et le président Vicente Fox. Étant donné que l'industrie automobile souhaite jouer un rôle prépondérant dans l'élaboration de la nouvelle démarche et du nouveau cadre qui résulteront de cet engagement, nous croyons que le partenariat offre une occasion unique pour réformer notre processus d'élaboration des réglementations et s'assurer qu'une méthode de réglementation intelligente est mise en œuvre aussi bien pour la réglementation existante que pour la réglementation future en collaboration avec les États-Unis et le Mexique. Un cadre de réglementation plus novateur et plus souple devrait, à son tour, aider le Canada à s'attribuer la part qui lui revient des investissements directs étrangers. Le partenariat permet aussi de s'assurer que nos programmes de sécurité sont efficaces et efficients et que les opérations commerciales à faible risque à destination et à l'intérieur de l'Amérique du Nord peuvent être facilitées, ce qui aidera nos économies et augmentera au possible la compétitivité des exploitants d'entreprise en Amérique du Nord. Le présent document décrit à grands traits les facteurs spécifiques et détaillés qui, selon l'industrie de l'automobile entravent le plus fortement le commerce nord-américain et, en fin de compte, la compétitivité mondiale de l'Amérique du Nord. La liste des défis que nous sommes appelés à relever et dont fait état le présent document est loin d'être exhaustive. Elle devrait plutôt être considérée comme un point de départ pour les mesures de suivi prioritaires. 2. Le programme pour la sécurité : L'industrie automobile appuie sans réserve les efforts des trois gouvernements en vue de protéger l'Amérique du Nord contre les menaces externes. L'industrie favorise la concentration de l'attention sur les frontières externes communes de façon à empêcher les menaces d'atteindre l'espace nord-américain et, simultanément, de sécuriser davantage la circulation transfrontalière à faible risque. L'industrie automobile est le plus important secteur commercial du pays. Elle s'attribue plus de 20 % du volume total du commerce de marchandises du Canada et quelque 25 % de la valeur des marchandises échangées avec les États-Unis, soit quelque 150 milliards de dollars annuellement. La plupart des constructeurs de véhicules automobiles situés au Canada sont entièrement approuvés pour le Programme d'expédition rapide et sécuritaire (EXPRES) au Canada et aux États-Unis, et de l'ensemble de leurs expéditions transfrontalières, plus de 80 % sont traitées en vertu de ce programme. La raison en est bien simple : grâce à des programmes tels que l'EXPRES appliqués aux transporteurs préalablement approuvés et à faible risque, la documentation requise à la frontière est minimale, ce qui accélère le traitement et élimine la complexité et l'incertitude. Cependant, en dépit du succès qu'ils ont obtenu jusqu'à ce jour, ces programmes ont d'importants obstacles à aplanir. Tant au Canada qu'aux États-Unis, il faut redoubler d'efforts pour faire en sorte que la multiplicité des exigences ne supprime pas l'effet des mesures concrètes prises jusqu'à présent sur le plan de la facilitation et de la sécurité. L'un des plus importants défis que nous devons relever sous ce rapport réside dans la multiplicité des niveaux de réglementation relevant des divers organismes gouvernementaux. En dépit de la création du Department of Homeland Security (DHS) aux États-Unis et du ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile au Canada (SPPC), au moins 44 organismes relevant de l'un ou l'autre de nos pays exercent un certain niveau de pouvoirs sur nos frontières communes. Parmi ces organismes mentionnons les organismes chargés du transport, de l'inspection des aliments et de l'immigration, les forces de police et de la sécurité, les organismes environnementaux et les organismes de protection du consommateur, dont chacun a un rôle dans la réglementation du mouvement des passagers et des marchandises à destination et en provenance de chacun de nos pays. Depuis le 11 septembre 2001, ces organismes et ministères examinent leur mandat et vérifient si leur réglementation est suffisamment rigoureuse pour prévenir l'une et chacune des menaces éventuelles futures contre la sécurité. D'une manière générale, ces activités se sont déroulées " en vase clos " sans s'adresser à d'autres ministères et programmes pour l'application de solutions coordonnées. Ce cadre réglementaire a ajouté à la complexité et à la multiplicité des traitements frontaliers, au lieu de les éloigner de la frontière physique conformément à ce qui était prévu lorsque les deux pays ont signé en 2001 la Déclaration sur la frontière intelligente. Résultat : on a augmenté le délai de traitement des expéditions qui arrivent à la frontière. Selon les estimations, le délai de traitement au point d'entrée aux États-Unis a augmenté, passant de 45 secondes par camion en l'an 2000 à plus de deux minutes et 15 secondes par camion vers la fin de 2004. Cette situation réduit les taux d'efficience des entreprises et ajoute à leurs dépenses, ce qui aura en fin de compte des répercussions défavorables dans les deux pays sur la croissance économique et la création d'emplois. Les expéditions visées par l'EXPRES sont généralement exonérées des nouvelles exigences qui ont été instaurées; toutefois, les véhicules commerciaux approuvés en vertu de ce programme doivent être mis en file d'attente comme tous les autres véhicules avant de parvenir au point d'inspection et ce, à cause d'une infrastructure vétuste et des limites assignées à la capacité et au sous-bassement des routes qui desservent la plupart de ces bureaux-frontière. Cela a eu pour effet de réduire les taux de participation comparativement aux taux escomptés et de diminuer les avantages du programme. Comme nous l'avons indiqué ci-dessus, le marché nord-américain est intégré du point de vue des ventes et de la fabrication. Dans une industrie aussi fortement intégrée, les retards et l'incertitude associés à la traversée des frontières introduisent dans le système des coûts inutiles qui, selon les estimations actuelles et comme nous l'avons indiqué plus tôt, atteignent annuellement jusqu'à 13 milliards de dollars canadiens au Canada et aux États-Unis. Ces coûts sont absorbés dans une grande mesure par l'industrie automobile dans le cadre de ses opérations commerciales mais peuvent également avoir une incidence considérable sur la compétitivité de l'économie de chacun des pays de même que sur l'économie globale de l'Amérique du Nord et sur notre capacité d'attirer les investissements et les emplois. Ci-après, une liste des répercussions ou des problèmes attribués à la réglementation frontalière qui peuvent prolonger le délai de traitement et limiter l'efficacité de programmes tels que l'EXPRES, ainsi que nos recommandations pour des mesures immédiates et à long terme. (1) Coopération canado-américaine et internationale : Question : La coopération canado-américaine et internationale dans le domaine des services frontaliers et de la sécurité devrait être intensifiée de façon à éliminer les exigences qui se chevauchent et font double emploi et, partant, à faciliter davantage la circulation des marchandises et des voyageurs à faible risque. Recommandations :
(2) EXPRES : Question : Le programme EXPRES constitue la pierre angulaire de l'accord entre le Canada et les États-Unis sur la frontière commune. Nos gouvernements doivent se concentrer sur l'intention initiale de cet accord et créer une véritable frontière intelligente pour le XXIe siècle en éloignant davantage les points de traitement frontalier du reste des voies de circulation transfrontière, en simplifiant la communication et les rapports entre le gouvernement et l'industrie et en facilitant le mouvement des marchandises à faible risque. Recommandations :
(3) Information électronique préalable sur les expéditions commerciales : Question : La capacité de communiquer intégralement et par voie électronique tous les renseignements demandés par le gouvernement, préalablement à l'arrivée des marchandises à la frontière modifiera d'une manière spectaculaire les réalités actuelles le long de la frontière entre le Canada et les États-Unis. Ces programmes devraient accélérer le rythme de traitement de toutes les expéditions arrivant à la frontière en simplifiant les formalités de traitement et en déviant les expéditions qui n'ont pas fait l'objet d'une information préalable. Recommandations :
3. Programme pour la prospérité - Coopérer en matière de réglementation pour favoriser la croissance Les nouveaux véhicules automobiles sont des produits perfectionnés et technologiquement complexes composés de plus de 8 000 pièces. La technologie d'avant-garde appliquée aux véhicules automobiles représente plus de 100 années de développement, d'amélioration et de perfectionnement. La construction de nouveaux véhicules automobiles est une suite d'opérations complexes, minutieusement orchestrées qui fournit constamment un gros volume de produits de haute qualité. Étant donné que le marché de l'automobile nord-américain est considéré comme un marché unique dont la dynamique et l'environnement sont largement partagés, la réglementation coordonnée des produits constitue une démarche judicieuse et représente une bonne politique publique. À l'instar des véhicules, le régime de réglementation est parvenu à maturité, s'étant développé au fil des décennies, et se distingue par sa haute technicité. Historiquement, les ministères canadiens et des États-Unis ont collaboré considérablement dans le traitement des questions techniques qui guident l'évolution de la réglementation. Au Canada, les normes de produits sont définies par le gouvernement fédéral et les conditions d'usage sont établies par les gouvernements provinciaux. Il y a eu également une coopération considérable entre l'industrie et le gouvernement, tant au Canada qu'aux États-Unis, au sujet de ces questions de réglementation techniques. Les véhicules automobiles étant un produit fortement réglementé, beaucoup de progrès concernant aussi bien la technologie appliquée à la sécurité que les systèmes de contrôle des émissions ont été volontairement faits au Canada par le biais de protocoles d'entente avec les constructeurs. Ces processus ont contribué à mettre en lumière les sujets de préoccupation communs dans le but de simplifier le fardeau de la réglementation mais ils n'ont pas toujours été fructueux et les divergences en matière de réglementation existent et continuent de surgir. Il n'y a pas de raison technologique justifiant l'unicité des normes canadiennes; toutefois, des divergences de réglementation ont surgi, séparant notre marché des principaux marchés de l'automobile. La réglementation exclusivement canadienne ne devrait être envisagée que dans des cas exceptionnels suffisamment justifiés par des analyses rigoureuses des coûts et des avantages qui démontrent l'existence d'un avantage public important. Eu égard à la dimension relativement réduite du marché canadien et aux frais énormes attribuables à la conception, à l'élaboration et à la mise en œuvre de nouveaux programmes de construction de véhicules (des centaines de millions de dollars), la conception de véhicules en fonction des normes applicables exclusivement au Canada est une initiative irréaliste. Typiquement, les normes applicables exclusivement au Canada ne feraient qu'augmenter le coût du nouveau véhicule ou limiter la variété des produits offerts aux consommateurs canadiens. L'augmentation des coûts subis par les consommateurs en raison des normes applicables exclusivement au Canada diminue habituellement le taux de rotation du parc automobile, ce qui limite les avantages nets de la réglementation. Les normes exclusivement canadiennes peuvent aussi limiter les débouchés de production de véhicules pour le Canada. Lorsqu'un véhicule ne peut pas être vendu sur un marché donné, il est normal qu'il ne soit pas produit dans la région où se situe ce marché. Comparativement aux consommateurs américains, les Canadiens attachent beaucoup plus d'importance au facteur coût, notamment parce que leur revenu disponible est relativement moindre, aussi sont-ils moins aptes ou moins disposés à absorber les majorations de coûts provoquées par des exigences réglementaires exclusives. En 2002, le prix d'une automobile neuve correspondait à 136 % du revenu personnel disponible au Canada. Ce pourcentage était de 93 % aux États-Unis. L'augmentation de l'âge du parc automobile au Canada sape davantage la capacité des règlements propres exclusivement au Canada d'avoir l'incidence sociale favorable qui a initialement justifié leur conception. Sur la base d'une démarche de réglementation coordonnée, on devrait s'efforcer d'examiner les règlements du secteur automobile qui ne sont pas les mêmes au Canada et dans les pays signataires de l'ALENA, uniformiser la réglementation américaine et canadienne, créer un cadre de normalisation des produits qui respecte l'auto-certification sur la base d'un seul ensemble d'exigences réglementaires pour toute l'Amérique du Nord (et en fin de compte à l'échelle mondiale) et répondre convenablement aux besoins sociaux. Ce qui est peut-être extrêmement important, c'est le besoin des gouvernements de reconnaître la nature fortement intégrée de l'industrie automobile de l'Amérique du Nord. Au fur et à mesure que nous avançons, nous devons nous assurer que des mécanismes sont établis afin de garantir la promulgation d'une réglementation uniforme et, partant, de prévenir les écarts inutiles entre les exigences en matière de normes et de réglementation. Le cadre de réglementation doit être pris en charge par les niveaux de gouvernement les plus élevés. Nous recommandons l'établissement de lignes directrices pour l'élaboration de règlements qui sont reconnus et appuyés par tous les ministères qui assument des responsabilités relativement au secteur automobile. i) Normes de sécurité des véhicules : Contexte : En général, la politique canadienne en matière de sécurité est compatible avec celle des États-Unis. Les normes de sécurité des véhicules automobiles du Canada (NSVAC) sont semblables, dans une grande mesure, aux American Federal Motor Vehicle Safety Standards (FMVSS) et découlent naturellement de la forte intégration dont témoigne l'industrie. Cependant, entre les normes de sécurité des deux nations, il existe des différences qui font exception à la règle et auxquelles s'ajouteront d'autres. Outre les différences entre les normes proprement dites, il existe des différences entre le Canada et les États-Unis en ce qui concerne la manière dont les véhicules sont mis à l'essai en vue de vérifier leur conformité avec ces normes. Il existe des divergences importantes entre le gouvernement et l'industrie en ce qui concerne, d'une part, la mesure dans laquelle le jugement technique et la simulation électronique devraient être pris en considération pour la certification du véhicule et, d'autre part, la documentation requise pour démontrer la conformité complète. La position de Transports Canada semblerait être beaucoup moins tolérante que celle du U.S. NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration) et l'industrie la considère comme un obstacle aux pratiques novatrices relatives à la mise à l'essai et à la commercialisation anticipée des technologies de pointe. (1) NSVAC 208 - Système de retenue des occupants en cas de collision frontale Question :
L'état actuel :
(2) Certification électronique de la sécurité des véhicules Question :
Question :
(4) Système d'immobilisation du véhicule Question :
Question :
État actuel :
(6) Liste supplémentaire d'exigences exclusivement canadiennes :
ii. Réglementation de l'environnement et économie de carburant : Contexte : Les règlements canadiens en vigueur exigent que les nouveaux véhicules soient certifiés conformes aux normes d'émission de la catégorie 2 de l'U.S. Environmental Protection Agency (EPA). Ces normes de la catégorie 2 sont les normes d'émission les plus sévères au monde. Au cours d'une étape qui sera achevée vers 2009, les voitures et les camions légers, y compris les véhicules tout usage, seront assujettis pour la première fois à un ensemble commun de normes d'émission. Le respect de ces normes d'émission représente un défi pour la réduction de la consommation de carburant et, par conséquent, pour la réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO2) qui sont directement attribuées à la quantité du carburant consommé. Les technologies de réduction de la consommation telles que les moteurs à allumage par compression interne (diesel) et les moteurs à compression interne (essence) sont remises en question par les normes de réduction des émissions. Cependant, même avec l'introduction de nouvelles technologies et l'adoption de processus communs avec les États-Unis, la capacité du Canada de satisfaire à ces exigences continue d'être rudement mise à l'épreuve à cause de la différence concernant la qualité du carburant. En vertu du programme de la catégorie 2, la performance d'usage des systèmes de contrôle des émissions doit être maintenue tout au long du cycle de vie du véhicule ou 190 000 kilomètres. La satisfaction des normes associées à ce long cycle de vie dépend fortement de la qualité du carburant, celle-ci étant compromise au Canada par l'addition de produits à base de manganèse à la plupart des carburants achetés par les consommateurs. En général, les fournisseurs ont temporairement suspendu l'usage d'additifs à base de manganèse dans les opérations de raffinage de l'essence en attendant les résultats d'un examen demandé par le gouvernement à un groupe scientifique indépendant. Malheureusement, cet examen continue d'être retardé par le gouvernement et ce retard risque sérieusement de provoquer la réintroduction de cet additif de carburant à base de métal. Principales recommandations :
4. Plan d'action et prochaines étapes En conclusion, l'industrie automobile du Canada félicite le gouvernement du Canada pour avoir lancé le Partenariat pour la sécurité et la prospérité. Conscients de la nature fortement intégrée de notre industrie, nous voudrions jouer un rôle prépondérant dans l'élaboration de cette nouvelle démarche et de ce nouveau cadre qui découle du partenariat. Le présent document vise à souligner un certain nombre de secteurs que l'industrie automobile a considérés comme des obstacles importants au développement du commerce nord-américain et, en définitive, à la compétitivité mondiale. Nous espérons collaborer étroitement et en connaissance de cause avec le gouvernement pour le traitement des questions prioritaires qui ajouteront à notre sécurité mutuelle et à notre prospérité commune. 5. Annexe - Mesures prioritaires à court terme Programme pour la sécurité 1) En collaboration avec le secteur privé et tous les niveaux de gouvernement, élaborer et mettre en œuvre des plans d'urgence qui garantiront la circulation des voyageurs et des marchandises à faible risque et préalablement approuvés, notamment ceux qui participent au programme d'expédition rapide et sécuritaire (EXPRES) et au programme NEXUS, quelles que soient les conditions de sécurité aux principaux bureaux-frontière, y compris ceux qui constituent le point de liaison entre le sud de l'Ontario et les États-Unis. Ces activités compléteraient l'intention initiale déclarée des programmes. C'est une initiative canado-américaine bilatérale dont le délai d'exécution proposé est de 120 jours. 2) Accélérer, dans la mesure du possible, les travaux de la commission binationale qui examine les options relatives à un nouveau bureau-frontière entre Windsor et Détroit. Dans l'immédiat, tous les membres canadiens de la commission sont pressés de collaborer efficacement pour réaliser l'infrastructure provisoire améliorée qui facilitera le cheminement des marchandises et des voyageurs à faible risque, selon les recommandations du rapport Schwartz. C'est une initiative exclusivement canadienne dont le délai d'exécution proposé est de 12 mois. Programme pour la prospérité 1) Transports Canada devrait harmoniser les modifications proposées pour la NSVAC 208 avec les conditions d'usage de la ceinture contenues dans la norme 208 de l'US FMVSS. Les coûts que subirait l'industrie canadienne pour accomplir les travaux de conception imposés par les exigences exclusivement canadiennes selon le scénario présenté pourraient dépasser les 200 millions de dollars. En outre, selon le minutage des modifications réglementaires éventuelles et les délais d'élaboration des véhicules, il pourrait y avoir des coûts supplémentaires attribués à la production, le cas échéant, ce qui pourrait augmenter les frais de plusieurs centaines de millions de dollars subis par l'industrie. L'élaboration d'un plan d'action est une initiative exclusivement canadienne dont le délai proposé est de 120 jours. 2) Transports Canada devrait admettre officiellement la certification électronique conformément à la NHTSA et accepter que les constructeurs utilisent le jugement technique. Selon les estimations de l'industrie, le recours à la certification électronique au lieu des essais de collision permet d'économiser environ 110 000 à 150 000 $ par essai mécanique. Les coûts attribués aux essais de collision mécanique varient selon le type d'essai effectué. À l'heure actuelle, tous les constructeurs utilisent la certification électronique pour une partie de leurs essais; toutefois, à cause de la variabilité des coûts des différents essais et du taux d'utilisation de la certification électronique par chaque constructeur, il est difficile d'estimer le montant actuel des économies réalisées par suite de l'utilisation de la certification électronique. Si l'on en juge par le scénario actuel, le taux d'utilisation de la certification électronique est faible, mais l'industrie envisage de compter davantage sur la certification électronique. Cela étant, toute modification à la LSVA qui limiterait l'utilisation de la certification électronique entraînerait d'importants frais supplémentaires. Étant donné les attentes de l'industrie pour les années à venir, il est raisonnable de présumer que toute mesure limitant l'utilisation de la certification électronique entraînerait pour l'industrie des coûts supplémentaires de plusieurs centaines de millions de dollars attribués aux essais de collision des véhicules. C'est une initiative exclusivement canadienne dont le délai d'exécution proposé est de 90 jours. 3) Environnement Canada devrait revoir les plans de mise à l'essai des véhicules disponibles au Canada afin de vérifier leur conformité aux normes d'émission et s'efforcer de rationaliser les essais avec EPA. En ce qui concerne les émissions des véhicules, les exigences réglementaires de la catégorie 2 du Canada sont harmonisées, dans une grande mesure, avec le cadre de réglementation de la catégorie 2 de l'EPA. Étant donné que la quasi-totalité des véhicules vendus au Canada sont en conformité avec les exigences réglementaires de la catégorie 2 canadiennes parce qu'ils ont déjà été certifiés en fonction de la norme de la catégorie 2 de l'EPA et que celle-ci effectuera des essais pour vérifier la conformité de la performance d'usage des systèmes de contrôle des émissions, les travaux dans les installations canadiennes d'essai des systèmes de contrôle des émissions pourraient être coordonnés de manière à ce que ces essais ne fassent pas double emploi. Dans la mesure du possible, Environnement Canada et EPA devraient partager les données des essais. C'est une initiative bilatérale dont le délai d'exécution proposé est de 120 jours. 4) Les organismes de réglementation fédéraux canadiens et américains devraient établir des protocoles qui prévoient la consultation précoce de l'industrie par les organes de réglementation avant l'assujettissement des véhicules à de nouveaux règlements. C'est une initiative bilatérale dont le délai d'exécution proposé prévoit l'élaboration d'un plan d'ici la fin de 2005, suivi d'une période de mise en œuvre. |
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